L'automne n'est jamais simple. Une saison d'entre deux, où le temps paraît trop froid pour être semblable au vent chaud d'été, mais où il ne l'est pas encore assez pour nous faire passer dans les jours blancs d'hiver...
On ne sais jamais vraiment quelle couleur le Ciel adoptera à chaque jour nouveau. Variant au grès de nos humeurs. Et le moral vacillant, les mains tremblantes, ne sachant pas toujours vers où se diriger.
C'est un peu ça, l'automne. Être dans l'attente d'un changement, faisant mine de ne pas savoir. Mais être encore assez sûre de ce qui pourrait changer la donne de cette état trop monotone. Sans rien faire, immobile, l'attente n'est que grandissante, les mains dans les poches ne cessent de trembler, sans réussir à les réchauffer, les cheveux qui dansent sous le souffle du vent. Et puis les joues rosées qui se glacent avec le temps qui file plus vite que ce que nous espérions. Les mots sont oubliés, restés entre deux souffles, bloqués dans la gorge.
Le regard éteint, fixant l'horizon, ayant oublié l'effet que faisait un sourire rassurant. Celui qui vous enveloppe, vous réchauffe et vous réconforte en même temps. Le regard éteint, fixant l'horizon, à la recherche de cette tendresse manquante. Le regard espérant, apercevant au loin l'ébauche d'un frisson.
Écouter inlassablement les mêmes mélodies, celles qui nous laisse croire que demain sera un jour meilleur. Greffées dans le c½ur, elles rythment ses battements. Les pas martelant le sol, sur ce même mouvent musical, jusqu'au dernier moment, jusqu'au dernier instant, rester encore un peu dans cette état d'apaisement. Repousser jusqu'à la dernière seconde l'échec qui semble d'ores et déjà inévitable. Les pieds semblants trop lourd pour marcher encore et encore, vers ce chemin dont on ne connais ni la fin, ni les tournants.
Rester assise sur le bas côté, et attendre encore un peu, se reposer, pour mieux rattraper ce temps oublié...